Voici le définition proposé par Energie Partagée :
L’autoconsommation collective en bref
Une AMAP où les watts remplacent les tomates : cette analogie employée par certains acteurs du secteur illustre bien ce qu’est une opération d’ACC. Plus précisément, il s’agit d’un modèle dans lequel plusieurs acteurs s’associent, afin de produire de l’énergie localement (en général, grâce à des centrales solaires) et la consommer entre eux. Contrairement à une opération classique, dans laquelle un particulier vend à EDF le surplus de la production électrique de sa propre toiture, l’objectif ici est bel et bien de partager l’électricité entre “voisins”.
Concrètement, au sein d’une opération, les membres producteurs se rémunèrent sur la vente d’électricité aux membres consommateurs, dans des conditions qui doivent être avantageuses à la fois pour le producteur (qui vend a minima aussi cher que s’il avait vendu son surplus à EDF en obligation d’achat) et pour le consommateur (qui paye le kWh à un tarif équivalent ou inférieur à celui de son fournisseur actuel).
L’un des intérêts phares de l’autoconsommation collective est clair : les participants à l’opération vont définir ensemble les meilleures conditions d’échange et faire en sorte qu’un maximum de l’énergie produite localement soit utilisée localement. Le cas échéant, ils peuvent avoir recours à des solutions de pilotage, qui permettent de décaler certaines consommations pour les faire correspondre aux périodes de plus forte production. Au-delà de la question purement économique, d’autres éléments peuvent entrer en jeu dans les arbitrages pris en commun par les participants : les valeurs du projet, son statut de projet pilote, etc.
Les 3 règles de l’ACC
- Les membres doivent se regrouper au sein d’une entité juridique, la personne morale organisatrice (PMO);
- Ils doivent être proches géographiquement : en 2024, le périmètre d’une opération d’ACC est fixé, hors dérogation, à 2 km en ville, 10 km en zone périurbaine et 20 km en zone rurale (ces distances s’entendent à vol d’oiseau, entre le producteur et le consommateur les plus éloignés l’un de l’autre);
- La puissance cumulée des installations de production doit être inférieure ou égale à 3 MW.
ACI et ACC, quelle différence ?
Dans une autoconsommation individuelle (ACI), l’électricité est consommée en direct sans passer par le réseau de distribution (hormis l’éventuel surplus, revendu en injection sur le réseau). À l’inverse, dans une opération d’autoconsommation collective, l’énergie produite et partagée transite via le réseau de distribution de l’électricité. Il faut donc s’acquitter des taxes d’utilisation de ce dernier !
En revanche, il convient de ne pas opposer ces deux modes de valorisation de l’énergie. Dans les faits, les opérations mixent souvent des producteurs qui autoconsomment d’abord l’électricité produite pour couvrir leurs proposes besoins (ACI), et qui partagent le surplus sur le réseau pour le vendre aux membres de l’opération d’ACC.
L’autoconsommation collective, comment ça marche ?
Une image valant mille mots, voici un schéma illustrant la boucle de l’autoconsommation collective.

Communauté énergétique et autoconsommation collective, quelle différence ?
Une communauté énergétique désigne une personne morale dont l’objectif premier est de fournir des avantages environnementaux, économiques ou sociaux à ses actionnaires ou à ses membres ou aux territoires locaux où elle exerce ses activités, plutôt que de générer des profits financiers. Sa gouvernance et ses modalités de participation doivent respecter un certain nombre de critères. Les communautés énergétiques peuvent réaliser différentes activités dont l’autoconsommation collective, mais aussi la production, la vente ou encore l’agrégation (liste non exhaustive).
Une opération d’autoconsommation collective est un mode de gestion de la production électrique consistant à répartir la production entre les participants. L’ACC est l’une des activités parmi d’autres qu’une communauté énergétique a le droit, et non l’obligation, de réaliser. Nul besoin d’être une communauté énergétique pour faire de l’ACC, nul besoin de faire de l’ACC pour correspondre à la définition de communauté énergétique.
Lire leur article dédié pour en savoir plus
Qui peut se lancer dans l’autoconsommation collective et comment ?
Selon Enedis, 379 opérations sont actives en France (l’Occitanie et le Grand Est en tête) en 2024, soit une augmentation de plus de 100 % par rapport à l’année 2023. L’ACC est en plein essor, et pour cause : entreprises, collectivités, citoyens, tout le monde peut se lancer !
Entreprises : l’ACC pour réduire ses factures et répondre aux enjeux de RSE
Pour les entreprises qui ne bénéficient pas du tarif réglementé de l’électricité, l’autoconsommation collective constitue un moyen possible de réduire les coûts énergétiques, tout en valorisant leurs bâtis (toitures de bureaux, ombrières, etc.). La production d’une énergie renouvelable abordable et sa consommation en circuit court peut par ailleurs s’inscrire dans les objectifs RSE des organisations. Depuis le 1er juillet 2023, de nouvelles réglementations obligent les entreprises à installer des panneaux solaires sur au moins 30 % de leurs constructions neuves ou existantes. Ces centrales déjà opérationnelles ouvrent la porte à de potentielles ACC qui, dans certains cas, apportent une rentabilité supplémentaire.
Collectivités : faire baisser les coûts et valoriser son territoire
De plus en plus de collectivités mettent en place des ACC patrimoniales, qui valorisent les toitures des bâtiments publics et font baisser les factures d’électricité des communes en alimentant leurs services (mairie ou école, par exemple). Il est également possible de dimensionner les installations pour faire entrer habitants et/ou entreprises locales dans l’opération d’autoconsommation, qui peuvent alors profiter d’une énergie à prix maîtrisé : on parle dans ce cas d’ACC « ouvertes », qui contribuent à l’attractivité du territoire.
Citoyens : devenir producteur d’énergie et bénéficier d’une énergie locale
Comme dans tout projet d’énergie citoyenne, l’ACC permet à des habitants de devenir co-producteurs d’énergie renouvelable, en investissant dans un moyen de production – pas forcément sur leur propre toit. Ils peuvent également entrer dans l’opération en tant que consommateur – par engagement, pour bénéficier d’un tarif maîtrisé, etc. – ou devenir eux-mêmes producteurs pour revendre leur énergie aux autres membres. Il faut garder à l’esprit que toute autoconsommation qui intègre des citoyens (au sens d’individus physiques) n’est pas automatiquement citoyenne. Pour le devenir, des citoyens doivent évidemment investir dans l’opération, mais pas seulement : l’opération d’ACC doit être labellisée Energie Partagée. On attendra également d’une opération d’ACC citoyenne d’aller plus loin sur des questions relatives à l’inclusion, la vie démocratique et la sensibilisation.
Source : https://energie-partagee.org/autoconsommation-collective-citoyenne-lessentiel/